Les paysages de Normandie, un autre patrimoine !

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Voici un résumé synthétique du document Les paysages de Normandie, issu du Profil environnemental Normandie – Édition 2025, coordonné par la DREAL Normandie.


Résumé

Le document Les paysages de Normandie constitue un état des connaissances sur la diversité, les dynamiques et les enjeux des paysages normands. Réalisé dans une démarche partenariale, il s’inscrit dans le cadre du Profil environnemental régional et vise à aider les acteurs publics et privés à intégrer les dimensions paysagères, environnementales et sanitaires dans leurs projets d’aménagement.

Une définition élargie du paysage

Le paysage est défini selon la Conseil de l’Europe (Convention européenne du paysage, 2000) comme « une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations ».

Ainsi, le paysage ne se limite pas à un décor ou à un site remarquable : il inclut aussi les paysages du quotidien, urbains, ruraux, littoraux ou dégradés. Il est à la fois réalité matérielle et construction sensible, issue de perceptions individuelles et collectives. Cette approche reconnaît la dimension culturelle, sociale, écologique et sanitaire des paysages.

Des paysages emblématiques et ordinaires

La Normandie bénéficie d’une forte notoriété internationale grâce à ses sites emblématiques : la Baie du Mont-Saint-Michel, les falaises d’Étretat, les plages du Débarquement ou encore la Suisse normande. Mais le document insiste également sur l’importance des paysages du quotidien : bocages, vallées, marais, plateaux agricoles, forêts, espaces urbains et périurbains.

Ces paysages sont le fruit d’une longue coévolution entre dynamiques naturelles (géologie, climat, biodiversité) et activités humaines (agriculture, industrie, urbanisation). Ils constituent un patrimoine vivant, façonné au fil des siècles, depuis l’Antiquité jusqu’à la reconstruction d’après-guerre, notamment au Havre avec l’architecture d’Auguste Perret.

Paysages, santé et qualité de vie

Le paysage est un déterminant majeur de la santé et du bien-être. La présence de nature (espaces verts, cours d’eau, haies, zones humides) contribue à réduire le stress, favoriser l’activité physique et renforcer la cohésion sociale. La qualité paysagère influence donc directement la qualité de vie et le sentiment d’appartenance des habitants.

La participation des populations dans les projets d’aménagement est essentielle : un paysage co-construit favorise l’appropriation des transformations et limite les conflits liés aux évolutions territoriales.

Dynamiques d’évolution et pressions actuelles

Les paysages normands sont aujourd’hui confrontés à plusieurs mutations majeures :

  • le changement climatique (érosion du littoral, évolution des milieux naturels) ;
  • l’intensification et la transformation des pratiques agricoles (développement des openfields, recul des prairies) ;
  • la périurbanisation et la banalisation architecturale ;
  • la surfréquentation touristique de certains sites ;
  • le développement des infrastructures et des énergies renouvelables.

Ces évolutions transforment les équilibres paysagers et posent des enjeux de cohérence, de sobriété foncière et de préservation de l’identité territoriale.

Leviers d’action

Le document présente plusieurs outils pour connaître, protéger et valoriser les paysages :

  • les atlas de paysages ;
  • les sites classés et inscrits ;
  • les parcs naturels régionaux ;
  • les opérations « Grand Site de France » ;
  • les démarches de projet de paysage partagé ;
  • l’intégration du paysage dans l’évaluation environnementale.

L’approche paysagère invite à penser les interrelations entre formes urbaines, infrastructures, biodiversité et usages, afin de construire des territoires plus résilients, sobres et cohérents.


En conclusion, les paysages normands sont à la fois héritage, cadre de vie et projet collectif. Leur préservation et leur transformation nécessitent une vision systémique, participative et écologique, afin de concilier attractivité, identité, transition énergétique et bien-être des populations.