Un atelier de la rencontre du 21 mai 2025 était consacré sur la diversification des publics, avec un zoom particulier sur le jeune public.
Quelques convictions préliminaires ont été partagées :
- malgré les multiples activités proposées sur les lieux de patrimoine, peu sont spécifiquement destinées et adaptées aux jeunes, alors même qu’un tiers des visites d’adultes se font « avec enfants » et que les enfants puissent être prescripteurs.
- la notion de jeunes publics est diverse selon les âges (petite enfance, enfance, adolescence, jeunes adultes).
- plutôt que d’essayer de se mettre à la place des jeunes, ce qui est impossible (!) il faut « faire avec les jeunes”, (pas pour les jeunes) donc co-construire avec eux
- Il faut distinguer les actions “pour les occuper”, de celles “pour les faire venir”
- Il est important d’associer les écoles,
- distinguer les partenariats institutionnels, des actions pour le public individuel (coin enfants, livrets, jeux),
- intégrer des professeurs dans les associations,
- partir des programmes scolaires et d’aider à la découverte des métiers du patrimoine
- Il faut communiquer sur l’existence d’un accueil adapté.
De nombreuses initiatives et idées ont été partagées lors de l’atelier. :
- Le livret d’enquête ou de jeu : par exemple, la cathédrale de Bayeux propose des livrets différents chaque année et par tranche d’âge. L’idéal est d’associer diverses compétences pour la création (professeur, photographe, informaticien) et de tester/co-créer avec des jeunes. Différents scénarios sont possibles (observation, culture G, éléments cachés). Prévoir du matériel, une récompense/souvenir et un livre d’or sont des « plus »appréciés. Les avantages de cette offre de livret sont le développement facile et le faible coût, les inconvénients sont la nécessité de suivi et d’actualisation.
- Les expositions Playmobil : l’exemple de Romain Gohel, collectionneur, dont les expositions sont thématiquement compatibles avec le lieu et intéressent les enfants. C’est l’occasion de dispenser des informations sur l’édifice. Le succès dépend beaucoup de la communication, notamment presse. Le coût est trés limité compte tenu de petites recettes associées (participation libre, vente de “produits dérivés”).
- La Borne à clous : un principe simple où un don pour la restauration permet à l’enfant de planter un clou dans une borne. C’est très visuel et engageant.
- La Crédenciale / Pass’ patrimoine : inspiré des livrets de pèlerins. L’idée est de créer un livret des édifices du territoire à faire tamponner, exploitant l’attrait des enfants pour la collection et la récompense.. Un système de points fidélité pourrait offrir des réductions ou goodies.
- Le Photocall : mettre à disposition des costumes et accessoires pour recréer des scènes ou tableaux présents dans le lieu. Cela permet de fabriquer des souvenirs et de créer de l’émotion.
- Les partenariats avec des institutions locales : exemple de la médiation autour de la restauration d’un tableau (Crépon, MAHB, Département) qui a permis à des scolaires de découvrir la restauration sur place. Des outils pédagogiques ont été développés à cette occasion.
- Les visites de chantier : exemple de Juaye-Mondaye avec l’entreprise Lefèvre. Cela permet aux scolaires (via le dispositif national « Une école, un chantier ») de découvrir l’architecture, l’histoire et les métiers. Il a été suggéré d’inclure un volet médiation dans les contrats avec les artisans Le dispositif « Une école, un chantier » vise à l’appropriation du patrimoine, la découverte des métiers (« L’or dans les mains ») et la pratique culturelle, en s’appuyant sur des rencontres, des pratiques et l’acquisition de connaissances.
- Les Jeunes ambassadeurs du Patrimoine: initiative où des jeunes assurent la médiation (visites guidées, accueil) de l’église de leur village pendant les vacances. Cette participation peut être inscrite dans leur dossier scolaire.
- Le Géocaching : une chasse au trésor connectée via une application smartphone, permettant de découvrir des lieux dignes d’intérêt. Cela permet de mettre en valeur le petit patrimoine diffus.
- L’Escape-game : un format ludique qui rencontre un grand succès et peut être mis en place à bas coût.
Les discussions de groupe ont mis en évidence l’importance du visuel pour les enfants, la possibilité de créer des activités simples et peu chères grâce à des partenaires locaux, la variété des moyens de médiation (avec ou sans numérique). Impliquer les parents et les enfants dans la prise de décision et la médiation est crucial. Des systèmes de fidélisation (points, collections, goodies) sont utiles.
Le coût du transport est un frein majeur pour les visites scolaires. Planifier les propositions scolaires longtemps à l’avance est nécessaire. Il est suggéré de faire venir les activités de médiation dans les écoles plutôt que de faire déplacer les élèves. Obtenir des aides pour le transport scolaire (Département, Région) est possible.
Des sujets restent sensibles pour certains enseignants, comme le patrimoine religieux ou les cimetières. Adapter les propositions au programme scolaire (pas seulement histoire, mais aussi musique, arts plastiques; aide à l’orientation professionnelle) et renforcer la communication auprès des instituteurs est recommandé.
