Fidèles à sa raison d’être de partage d’expériences, les Z’Agitateurs ont organisé en partenariat avec « Calvados Églises au cœur », une journée de partage et de formation sur l’éclairage intérieur et extérieur des lieux de patrimoine.
Il s’agissait d’une formation de base, destinée aux acteurs du patrimoine intéressés par ce sujet qui a eu lieu le mardi 2 juin à l’église Saint Denis de Cambremer.
En introduction, Marc Soulé, président des Z’Agitateurs, a rappelé la raison d’être de l’association : fédérer les acteurs du patrimoine (élus, associations, offices du tourisme, propriétaires privés, clergé affectataire …) pour les aider à partager leurs expériences.
Il a introduit le sujet en disant que l’éclairage était
- un sujet clé pour l’expérience du visiteur
- … souvent négligé
- un sujet technique voir technologique
- d’où l’mportance de connaitre les concepts pour être un client … éclairé, capable de dialoguer avec les experts !
- qui méritait le plus grand professionalisme
- A planifier le plus tôt possible
Cette journée a été animée par deux spécialistes, qui se sont prêtés au jeu de « vulgariser » leurs connaissances:
- David Vaudorne, responsable éclairage au SDEC, Syndicat Départemental de l’Energie du Calvados (éclairage extérieur)
- Julien Laval, ingénieur éclairage de SELF Electronics (éclairage intérieur)
Résumé éclairage extérieur (document SDEC)
Objet de la présentation
Le document présente l’action du SDEC ENERGIE autour de la mise en valeur par la lumière, avec un focus sur l’éclairage public, la protection de l’environnement nocturne et l’accompagnement des projets d’éclairage patrimonial. Il montre que l’éclairage n’est plus seulement une question de puissance, mais aussi de qualité, de sobriété et d’intégration au site.
Rôle du SDEC ENERGIE
Le SDEC ENERGIE intervient, au profit des municipalités et acteurs publics, dans la compétence “éclairage public” à travers plusieurs volets : la maintenance des installations, leur exploitation, des services optionnels et les investissements sur les ouvrages. La présentation rappelle ainsi que l’éclairage relève d’une gestion technique complète, depuis la conception jusqu’à l’entretien.
Enjeux de la trame noire
La trame noire du Calvados est une carte qui vise à limiter la pollution lumineuse pour préserver la biodiversité nocturne. Les effets de la lumière artificielle sont détaillés sur de nombreux êtres vivants : oiseaux, chauves-souris, insectes, araignées, mammifères, tortues marines, serpents, lucioles, plantes, amphibiens et poissons. Cet éclairage artificiel excessif perturbe les rythmes biologiques, les déplacements, la reproduction et la survie de nombreuses espèces.
Cadre réglementaire
Le document rappelle plusieurs références réglementaires et normatives, notamment NF C 17-200 et EN 13-201, qui encadrent la conception de l’éclairage. Quatre priorités sont mises en avant : la sécurité des usagers, la performance énergétique, la qualité de service et la maintenance/durabilité. L’arrêté du 27 décembre 2018 est également cité, avec des exigences telles que la limitation de la lumière vers le ciel, la réduction de la lumière bleue, l’éclairage du strict nécessaire et la maîtrise des horaires d’allumage.
Éclairage patrimonial
La présentation explique le passage d’un éclairage « spectaculaire », fondé sur de forts projecteurs éloignés des façades, à un éclairage maîtrisé et plus fin. L’approche actuelle privilégie des luminaires mieux intégrés, des flux précisément dirigés, des jeux d’ombres et de contrastes, ainsi qu’une meilleure lecture des matériaux et des volumes. Cette évolution permet à la fois de mieux valoriser le patrimoine, de réduire les consommations énergétiques et de limiter les nuisances lumineuses.
Méthode de projet
Le document décrit enfin la construction d’un projet d’éclairage en cinq étapes :
- Avant Projet Sommaire,
- essais sur le terrain,
- Avant Projet Détaillé,
- travaux,
- puis réglages et mise en service.
Cette méthode montre qu’un projet réussi repose sur l’étude, la validation technique, l’adaptation au terrain et l’optimisation finale du rendu lumineux.
Financement
La présentation se termine en rappelant l’existence d’aides financières proposées par le SDEC ENERGIE aux communes

Résumé éclairage intérieur ( SELF Electronics)
Objectif
Cette formation sur l’éclairage intérieur des lieux de patrimoine a été présentée par Julien Laval de SELF Electronics.
Son objectif est pédagogique : aider à comprendre la lumière, ses effets, et les critères techniques qui permettent de concevoir un éclairage adapté à un site patrimonial.
Un déroulé de la formation en trois temps (seul le premier est restitué ici):
- une pédagogie de la lumière,
- quelques retours d’expérience de projets,
- une démonstration pratique par la manipulation d’éclairage dans l’église
Comprendre la lumière
Le document insiste d’abord sur une idée simple : la lumière est invisible en elle-même, mais elle détermine à la fois ce que nous voyons et la manière dont nous percevons un espace, un objet. Sans lumière, même un lieu remarquable ne peut pas être apprécié. Cette approche sert de base à toute la formation : avant de parler de matériel, il faut comprendre l’effet visuel recherché.
Bases techniques essentielles
La présentation rappelle plusieurs notions fondamentales liées aux LED : fonctionnement, dissipation thermique, spectre, températures de couleur, rendu des couleurs et optiques. Elle explique aussi la structure d’un luminaire LED, composé notamment du LED, de l’optique et du dissipateur thermique.
Un point important est souligné : environ 15% de l’énergie devient lumière, tandis qu’environ 85% est converti en chaleur, d’où l’importance de la gestion thermique pour conserver le flux lumineux, la couleur et la durée de vie de la LED.
Couleur et qualité de lumière
Le document distingue clairement les notions de température de couleur et de rendu des couleurs. La température de couleur, exprimée en kelvins, décrit l’apparence de la lumière blanche : environ 2700 K pour un blanc chaud, 4000 K pour un blanc neutre, et 5000 K ou plus pour un blanc froid.
Pour juger la qualité de restitution des couleurs, la présentation insiste sur l’importance de l’indice IRC, mais surtout l’IES TM-30, plus récent, plus complet et plus représentatif des couleurs réelles que l’IRC classique. Demander l’IES TM 30 au fabricant de luminaire est un gage de qualité.
Cette partie insiste sur le fait qu’un bon éclairage ne se réduit pas à la puissance, mais à la fidélité de la perception visuelle.
Normes et niveaux d’éclairage
Le document rappelle la norme NF EN 12464-1, présentée comme un cadre de protection des usagers, visant le confort, la performance visuelle et la sécurité. Il donne aussi des repères de niveaux d’éclairement pour la conservation et la mise en valeur des œuvres : très sensibles à 50 lux ou moins, sensibles autour de 150 à 200 lux, peu sensibles à partir de 300 lux. Pour un bâtiment de culte ou patrimonial, les zones peuvent recevoir des niveaux différents selon leur fonction : nef, circulation, autel, lecture, chapelles, retables, vitraux ou voûtes. L’idée centrale est d’adapter l’éclairage à l’usage, à la valeur patrimoniale et à la conservation.
Lexique et vocabulaire
Une partie importante du support sert de lexique pour maîtriser le langage de l’éclairage. On y retrouve des termes comme lumen, lux, candela, CCT, CRI, UGR, RGB, DALI, Zhaga, daylight, wallwasher, narrow beam angle ou heat sink. Le document définit notamment le lumen comme la quantité totale de lumière émise par une source, le lux comme l’éclairement reçu sur une surface (lux (lx), équivalent au lumen par mètre carré (lm/m²)) et la candela comme l’intensité lumineuse dans une direction donnée. Ce vocabulaire technique est présenté comme indispensable pour dialoguer avec les concepteurs et fabricants.
Les LED et leurs usages
La formation compare plusieurs technologies de LED, notamment radial, SMD et COB, et montre leurs usages dans des domaines variés : téléphonie, informatique, enseignes, éclairage professionnel, automobile et signalisation.
Elle souligne également l’intérêt des LED pour l’éclairage patrimonial : meilleure maîtrise du faisceau, variété des optiques, possibilité de mise en scène plus précise, et meilleure efficacité énergétique.
La notion de binning est aussi jugée critique pour garantir l’homogénéité des lots de LED produits en très grande quantité et qui peuvent donc varier.
En synthèse
Le message final est qu’un bon éclairage patrimonial repose sur trois équilibres : bien voir, bien conserver et bien valoriser. La technologie LED, associée à une bonne maîtrise thermique, à la sélection correcte de la température de couleur et du rendu des couleurs, et au respect des normes, permet de concevoir un éclairage plus sobre, plus précis et mieux adapté aux œuvres comme aux espaces. La formation vise donc autant la compréhension technique que la capacité à faire les bons choix sur le terrain.
Nos partenaires:




